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Devoir terminé le 28 Avril

Dissertation

Devoir SES - Exposé - 1ère Bac ES



Sujet :

Marché et éthique sont-ils compatibles .?

Problématique reformulée : Le marché est il conciliable avec les valeurs morales ?

Où j'en suis :

J'ai déjà presque fini mes parties. Encore une fois, mon seule problème : l'intro et la conclusion.

Je n'arrive pas a trouver d'amorce pour l'intro ni d'ouverture pous la conclusion.

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2 personne(s) aide(nt) Satsu : zrom, vacance2

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#1


zrom
3ème - 883 points - 23/04/2010 à 17:47

Bonjour,

Marché et éthique… Ces deux mots reviennent souvent aujourd’hui. La volonté de "moraliser" l’économie, qui se manifeste dans la notion de développement durable ou dans le souci de remettre de l’orde dans un marché financier qui s’était échappé de l’économie réelle, nous indique paradoxalement que marché et éthique ne semblent pas pouvoir se réconcilier par eux-mêmes facilement.
Le marché est un lieu de rencontre, réel ou fictif, entre des offreurs et des demandeurs, qui visent la maximisation, respectivement, de leurs profits et de la satisfaction que leur procure la consommation. L’éthique, qui provient du grec ethikos (morale), est une discipline pratique qui se donne pour but de dire comment les êtres doivent se comporter. Par extension, on qualifie "d’éthique" une conduite conforme à des principes moraux, qui n’est donc pas motivée par des calculs intéressés. On voit donc bien le hiatus possible entre marché et éthique.
Éthique et marché sont-ils bien compatibles ? Autrement dit, l’éthique, qui n’a pas pour visée l’efficacité économique immédiate peut-elle elle être économiquement efficace ? Ou encore : ce qui ne vise pas l’utile peut-il être utile ?
Dans un premier lieu, nous allons démontrer qu’il peut y avoir conflit entre les objectifs économiques et les valeurs morales, puis nous allons démontrer dans un second lieu que l’éthique peut aller dans le sens du marché permettant à celui-ci d’en tirer profit.
En premier lieu, marché et éthique sont incompatibles en théorie et en pratique, le court terme en économie devenant l’horizon de référence.

D’abord, marché et éthique sont théoriquement incompatibles.

Les sciences économiques ont longtemps donné une vision neutre de toute considération morale ou éthique de la concurrence, en général, et des agents du marché. L’individu est censé ne poursuivre que ses propres intérêts et rester indifférent aux peines et aux satisfactions des autres (on parle d’homo oeconomicus) : c’est le modèle de concurrence pure et parfaite (CPP) que le prix régule avec des partenaires intellectuellement et économiquement « bien armés » (Walras). L’éthique est donc en quelque sorte théoriquement expulsée du marché de CPP.

En réalité, ce modèle théorique a vécu. La volonté de la maximisation du profit s’exprime dans celle de la maitrise du marché et des coûts par tous les moyens (délocalisations, offres marketing, mise en place de cartels…) : en quelque sorte, dans les modèles théoriques plus récents, de concurrence imparfaite, tous les coups sont permis pour maximiser ses gains, notamment ceux donnés au modèle de concurrence pure et parfaite. On est loin de l’éthique...

D’un point de vue théorique, il y a donc un conflit entre les objectifs économiques de maximisation des gains, de ses propres intérêts, et les valeurs morales.

Nous allons montrer que marché et éthique sont incompatibles d’un point de vue pratique.

La référence actuelle pour nos entrepreneurs est la shareholder value en d’autres termes, la redistribution du profit sur la base des actions possédées par un groupe d’actionnaires : on parle de « capitalisme actionnarial. » Ce groupe d’actionnaires est de plus en plus éloigné de l’activité propre de l’entreprise et a de plus en plus comme volonté de valoriser au plus vite l’achat d’actions qu’il a réalisé pour le compte de fonds de pensions, de fonds souverains, de fonds de private equity commeBlackstone ouKKR. Leur objectif est de maximiser leur profit très rapidement sans tenir compte du rythme propre des entreprises dont ils détiennent la majorité des actions. L’accélération et la fluidité des marchés financiers ont encore accéléré cette tendance et le principe de la maximisation du profit à court terme paraît bien forte, face à des entreprises où le management est soumis à ces directives.

Cependant des fonds souverains, aujourd’hui, agissent de manière inverse et privilégient des investissements dans des entreprises dont l’éthique est apparemment irréprochable. Ils représentent un poids considérable à l’instar de la Norvège qui possède ainsi un fond d’investissement de 257 milliards d’euros et qui est, aujourd’hui, le deuxième actionnaire du CAC 40.
Ainsi, nous allons voir en second lieu que le marché et l’éthique peuvent cohabiter et plus précisément que les entreprises peuvent tirer profit de comportements éthiques sur le marché.

En effet, marché et éthique peuvent cohabiter.

L’intégration du développement à long terme de l’entreprise est le reflet de l’économie réelle. Ainsi, l’entreprise, donc le marché, doit garantir le jeu effectif des contre-pouvoirs dans l’entreprise, les États doivent favoriser l’émergence d’un droit commun des sociétés et des marchés. On a même pu observer à travers l’étude des firmes multinationales comme Carrefour ou Total qu’elles n’hésitaient pas à participer au développement durable afin de garantir à moyen-long terme la stabilité économique de leurs filiales ; comme le dit Robert Halley, le président du Conseil de Surveillance du groupe Carrefour : « Le Développement Durable n’est pas de la philanthropie. C’est une des conditions de la pérennité de l’entreprise, la gageure d’une bonne gestion des risques et d’une visions à long terme ». Les multinationales répondent à un « code éthique » qu’elle se sont fixées qui passe par le respect des Droits de l’Homme ou des chartes environnementales et qui répondent simplement à des valeurs morales élémentaires, disant que l’apport des richesses et d’emplois ne permettent pas à ces firmes de polluer gratuitement ou de renier les droits au travail de chacun dans les pays d’accueil où elles se sont implantées.

Enfin, les entreprises peuvent même tirer profit de leurs comportements éthiques sur le marché.

Au-delà des institutions du marché et de ses règles, le capitalisme est indissociable d’un esprit et d’une éthique. L’esprit du capitalisme décrit par Max Weber est dans la prise de risque librement consentie et dans le pari de l’innovation. Pour Nicolas Baverez, économiste français, « l’éthique, c’est la responsabilité qui croît avec la réussite ». L’économie réelle rattrape toujours le développement anarchique, on le voit bien pour la crise des subprimes. Or la réalité économique s’accommode bien mal du court terme pour construire durablement son développement.

Ainsi, le marché peut tirer profit de l’éthique, qui est aufondement du développement harmonieux de l’ensemble des agents économiques.

Nous avons donc pu observer les antagonismes, les acteurs qui poussent les valeurs morales et les règles du marché à s’opposer. Mais nous avons vu également comment l’éthique et le marché devraient se compléter pour intégrer la morale, en utilisant le moyen-long terme comme critère d’efficacité. Ce qui est positif aujourd’hui ce sont les multinationales comme Carrefour ou Total qui intègrent l’éthique dans leur critère de fonctionnement pour le développement de leurs firmes dans les pays d’accueil. Mais aussi, l’apparition de fonds souverains éthiques extrêmement puissants qui intègrent ces valeurs, et d’autre part les régulations juridiques et organisationnelles au niveau des États ou de groupes d’Etats (FED, Union Européenne, G8…), qui, face au capitalisme sauvage et débridé, se mettent en place pour éviter des coûts économiques et sociaux de plus en plus mal acceptés par les populations.



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